Au sein du mouvement des Grands Frères Grandes Soeurs, nous croyons que tous les enfants devraient avoir la chance d’atteindre leur plein potentiel, en tant qu’individus et citoyens. Nous croyons qu’en changeant le cours de la vie des jeunes, nous pouvons en retour changer le cours de l’avenir de la communauté.
Le Blogue des GFGSC est une plateforme que nous utiliserons pour sensibiliser la population sur les problématiques clés auxquels les jeunes d’aujourd’hui font face. Parfois, nous plaiderons pour notre cause, parfois, nous chercherons à éduquer, informer, poser des questions, mais nous désirons en tout temps susciter la discussion sur les problématiques les plus pressantes qui affectent les générations de jeunes d’aujourd’hui.


lundi 27 octobre 2014

La vie est trop courte pour laisser place à la haine


En tant que jeune femme faisant ses premiers pas dans le monde des adultes, je me remémore une époque plus simple. Je songe aux événements qui ont pavé chaque jalon, brique par brique, sur le long chemin aux multiples voies que nous appelons la vie. Ce faisant, je me souviens que pour parvenir là où je suis aujourd'hui, j’ai traversé les moments les plus désagréables de grandir. Cette partie est communément nommée l’intimidation. Rétrospectivement, mon enfance a été criblée de propos impitoyables et de sarcasmes. Je suis réellement reconnaissante d’avoir eu ma famille aimante pour me soutenir contre vents et marées. Malheureusement, les gens n’ont pas tous cette chance. J’ai vu plusieurs de mes amis aller dans tant de directions; et elles ne sont pas toutes reluisantes. L’acné n’est pas la seule imperfection dans la vie d’un adolescent. L’intimidation est un véritable problème que nous devons régler en tant que société. Pourquoi les gens devraient-ils se faire tourner en dérision parce qu'ils sont homosexuels, en raison de la couleur de leur peau, de leur taille et leur poids, de leur religion ou même de leur personnalité?!?!?

Près d’une année est passée depuis ma participation au sommet avec les Grands Frères Grandes Sœurs du Canada. Nous avions alors été mis au défi de devenir le changement que nous souhaitons voir dans le monde. Tant de personnes partageant les mêmes préoccupations dans un seul endroit, tant de gens différents, pourtant, les gens que j’ai rencontrés m’ont si bien accueillie. Cette expérience étrange de se sentir comme la sœur de plus de cent personnes m’a amené à réfléchir : Qu’en serait-il si je pouvais démontrer le même amour à d’autres personnes? J’ai fait partie d’un groupe de lutte contre l’intimidation pendant environ un an à partir de ce moment et j’ai décidé de tourner mon attention vers ce problème qu’est l’intimidation. J’ai reçu un budget de publicités de 100 dollars avec cet argent, je sensibilise en donnant des motivations à une élève chanceuse de secondaire 5. Une personne qui démontre la même compassion dont j’ai fait preuve quand j’étais au secondaire. Cette personne doit être un phare; une couverture chaude pour faire une métaphore.

Je compte devenir une grande sœur à nouveau et de passer le flambeau à notre jeunesse, parce que si personne ne le fait, nous nous retrouverons coincés dans une existence incertaine à travers les guerres civiles. Nous sommes de la même espèce, et pourtant, nous nous comportons les uns envers les autres de façon si indigne.

La vie est trop courte pour laisser place à la haine.
~Willa Julius

mercredi 1 octobre 2014

Ma vie égoïste en tant que Grand Frère

J’ai été Grand Frère pendant plus de trente ans, sans intention de tirer ma révérence. J’ai été garçon d’honneur au mariage d’un Petit, un Petit a donné mon prénom à son bébé, j’ai aidé un Petit à surmonter le décès de sa mère et de son meilleur ami, j’ai traversé le pays en motocyclette en compagnie d’un Petit devenu adulte, et j’ai même participé à plusieurs événements promotionnels de quatre jours/soirées par mauvais temps afin de sensibiliser les gens à notre organisation locale des Grands Frères Grandes Sœurs.

Je me souviens du jour où j’ai fait ma toute première demande pour devenir mentor. J’ai eu de longues conversations avec mon travailleur social assigné pour expliquer que, même si j’étais un homme fort jeune, aux cheveux longs, possédant une motocyclette et ne possédant pas de voiture, j’étais très responsable et je conduisais de façon sécuritaire. Il m’a fallu être très convaincant afin de persuader mon travailleur social et la mère de mon Petit de convenir que j’étais digne de confiance et que mon Petit pouvait prendre place dans le seul véhicule que je possédais; une énorme motocyclette de tourisme.

Mon expérience en tant que Grand Frère a commencée le jour où j’ai rencontré mon Petit et sa mère. J’ai à nouveau fait un grand discours à la mère de mon Petit et à notre travailleur social concernant ma conduite sécuritaire et responsable, et à un certain moment mon tout nouveau et tout jeune ami et moi avons pris la route. Je pouvais voir le visage de sa mère dans le rétroviseur, je pouvais déceler une combinaison de joie et d’appréhension. J’ai peut-être regardé de trop près, car ensuite… j’ai eu un accident. Ce fut mon seul et unique accident à vie. En fait, ce n’était pas grave du tout, mais dans mon esprit c’était monumental! Mon Petit a trouvé cela amusant et sa mère s’est avérée être une sainte.

Et c’est ainsi que j’ai entrepris un parcours de trente ans d’égoïsme pur et dur. J’ai eu droit à une abondance de sourires et de hochements de têtes approuvant pendant ces décennies mon dévouement envers ce programme remarquable. Pourtant, je ne peux m’empêcher de penser que même si je suis fier de mon rôle en tant que modèle et du temps et des efforts que j’ai consacrés à partager ma vie bienheureuse avec d’autres, tout a tourné autour de mes sentiments, ma satisfaction et mon estime de soi. Parce qu’en fin de compte, en étant Grand Frère pendant toute ma vie adulte et en permettant à ces relations importantes de faire partie de ma vie, j’ai été très privilégié. Autrement dit, j’ai eu une vie meilleure grâce aux Grands Frères Grandes Sœurs. La prime est qu’en canalisant mon égoïsme dans un esprit de bénévolat communautaire, j’ai peut-être également fait une contribution positive ça et là!

par Andy Beesley